Marie est partie en Chine en avril 2006 dans le cadre d'un voyage de presse.
On s’y rend pour ses légendaires sites emprunts de cultures millénaires impériales. La Cité Interdite, la grande muraille de Chine... On en ressort déboussolé, abasourdi par ses mœurs extravagantes et ses ambivalents gratte-ciel dominant des ruelles exiguës. Pékin, mégalopole où tout est outrance.
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Onze heures de vol dans les pattes. Les yeux encore embués, je découvre Pékin à l'occasion d'un voyage de presse offert par Air Austral. Impression d’un rêve éveillé. Une nappe de brouillard froid et coupant enveloppe la mégalopole peuplée de 14 millions de China girls and boys. Et moi et moi et moi... Outrance et démesure, tout me paraît immodéré. La foule en rangs serrés qui tourbillonne et fourmille sur des trottoirs trop grands, les gratte-ciel opalescents qui flirtent avec un ciel laiteux, l’avenue des Champs Elysées locale et ses 14 voies... Beijing la verticale semble vouloir anticiper son explosion démographique et me donne le vertige. C’est la folie des grandeurs ; tout est méga, giga dans ce pays qui se dit pourtant Empire du Milieu. Pékin a la taille de la Belgique et les habitants racontent avec un sourire altier que la ville possède à peu près tout ce qu’il y a de plus grand au monde : la plus grande place (Tien An Men, 40 hectares), la plus grande avenue (avenue de la Paix, 22 km de long), le plus grand Bouddha (une statue 26 m de haut sculptée dans un seul bois de santal que l’on peut voir au temple des Lamas)... on va même jusqu’à expliquer, sans ironie aucune, qu’ici on peut voir la lune la plus ronde au monde !
Pour reprendre mes esprits, je me réfugie sur un site chargé d’histoire : la place de la paix céleste (en pinyin : Tien An Men). Des fragments de mémoire flottent au milieu du brouillard de pollution. Devant la porte du Palais Impérial et face à cette petite fille qui tient dans sa main un cerf-volant bigarré, je ressens le symbole de la Chine d’hier. Mystérieuse, envoûtante et imposante. La place Tien An Men, c’est aussi la Chine d’aujourd’hui, car c’est là que Mao Zedong proclama la République Populaire de Chine. C’est aussi - je l’espère - la Chine de demain. Il suffit de se remémorer le courage de ces étudiants défilant pour la démocratie face aux canons. Les trois visages emblèmes de cette cité-caméléon.
“Il n’est pas de bon Chinois qui n’ait marché sur la Grande Muraille”, avait un jour déclaré le Grand timonier. Immersion oblige, je décide d’être une bonne Chinoise et me rend sur cette structure dont on dit que la totalité de ses pierres suffiraient à ériger un mur d’1 mètre de large et de 5 mètres de haut autour de la terre. Un serpent minéral qui vaut le détour mais pris d’assaut pas les touristes. Les sites touristiques de Pékin, comme la Cité Interdite, seul palais impérial encore debout dans ce pays, sont devenus de vrais Dysneyland locaux. On préférera sortir des sentiers battus et se perdre dans le dédale des hutong (ruelles très étroites des vieux quartiers qui sont promises à une disparition certaine), découvrir les délices d’un massage chinois ou la folie des marchés nocturnes pour y déguster une brochette de scorpions. Dépaysement garanti !